Placement en détention provisoire de Serge Poinsot : 11 ans de silence ?

Updated: Aug 26, 2018


Les vigneusiens se sont habitués aux articles dans la presse évoquant de potentiels problèmes éthiques à la mairie. Alternant phases de révélations et de silence politique et judiciaire, l'affaire France Pierre dure depuis 11 ans. Elle implique 8 personnalités en île-de-France, dont le maire de la ville.


L'affaire arrive aux oreilles des magistrats du parquet d'Evry dès 2007 : après avoir dénoncé en conseil municipal des ententes, selon elle, douteuses entre la mairie et l'entreprise de construction, France Pierre, le bureau de l'adjointe, Annick Lebreton, est cambriolé. Une période marquée par des tensions, démissions et procès en diffamation s'ouvre.


Le député Nicolas Dupont-Aignan reconnaît, dans un article du Parsien, que lui-même a très tôt conscience de dérives à Vigneux-sur-Seine. Dans l'entre-soi politique, il aurait même averti par écrit dès 2010, le responsable local de l'UMP, George Tron. Beaucoup se posent la question, n'aurait-il pas pu faire publiquement état de ses doutes ?


Il faut attendre 2013 pour les premières perquisitions en mairie et 2015 pour les premières gardes à vue. Elles débouchent par un renvoi en correctionnelle de Serge Poinsot poursuivi, avec son premier adjoint, pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics passés entre 2004 et 2015. Il bénéficie, à Evry, de nombreux reports d'audience.


Le maire est également poursuivi pour corruption passive entre 2008 et 2015. Mais l'enquête ayant abouti à mettre en examen tout un réseau de personnalités franciliennes en lien avec le promoteur immobilier Antonio de Souza (France Pierre) et le préfet Alain Gardère (un proche de Claude Guéant et Nicolas Sarkozy), le parquet d'Evry finit par (en partie) s'en dessaisir au profit de la juridiction parisienne.


© Images Google Map

Le dossier passe ainsi de l'ombre de la presse locale à la lumière des médias nationaux. Mediapart s'en saisit dès mars 2017. L'association Anticor se porte partie civile dès avril 2018. Le 25 juillet 2018, Serge Poinsot est mis en examen pour corruption par personne investie d’un mandat électif, blanchiment de fraude fiscale et corruption passive puis placé en détention provisoire. L'AFP, France 3, le Figaro... évoquent à leur tout l'affaire...

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